A Fabienne SWIATLY et à ce qu'elle a dit...
Tout ce qui appelle l’adhésion, ou mieux l’enthousiasme a valeur d’excitation collective. On nous a appris à récompenser l’effort de montrer la performance depuis la tendre enfance. Rester de marbre lorsque l’autre déclame, se contorsionne, prend des risques pour sa santé, lorsqu’il ou elle pousse les limites physiques jusqu’à l’insupportable, ou repousse les limites intellectuelles jusqu’à l’invention géniale, paraîtrait incongru. La distribution des bons points perdure et les revendiquer relève de la bonne intégration sociale à valeur consensuelle.
On ne peut que vouloir gagner, gagner un prestige, gagner du terrain, gagner sa vie pour ne pas la perdre… Dans les pays dits démocratiques ou annoncés tels, les outils de la majorité agissante, qu’elle soit manipulée ou non, sont les sondages où le pourcentage de sans-opinion est toujours préservé pour rendre les calculs crédibles. Mais il est rare que celui –ci autant que les deux autres tiers des participants ne soient pas influencés par le mode et les circonstances de recueil de la position testée. L’air du temps, l’intime conviction par renversement caricatural de tendance s’expriment comme des gaz anesthésiants. Selon la logique binaire du content/pas content, satisfait /insatisfait, favorable/défavorable, on peut vouloir évaluer la couleur des nouveaux M & Ms ou l’intervention américaine pour la disparition d’un terroriste redouté qualifié d’ennemi public N°1 . La réussite d’une traque nous est servie sans preuves directes et la non-adhésion au procédé guerrier et probablement politique fait figure d’absence de compassion pour les victimes du terrorisme. Depuis la chute de la dictature roumaine et la guerre du golfe, la manipulation de l’opinion est devenue un sport médiatique international et surtout lucratif pour ne pas dire mafieux. Moins on en voit et plus on imagine, plus on imagine et moins on est crédible mais on s’en moque puisque ce n’est pas la vérité qui compte, c’est l’effet de vérité escompté. « Justice est faite ! ». Barack Obama est déconcertant pour ne pas dire décevant. Encore un qui joue avec ses petits soldats playmobils pour sauver les élus d’un Dieu plus qu’hypothétique. La bonne foi du quidam New-Yorkais qui a vécu les événements des tours effondrées n’est pas ici en cause, c’est sa crédulité devant les thèses simplistes et manichéennes qui lui sont servies à l’heure du repas. L’image de la torture à l’eau diffusée au moment où nos mômes boivent leur coca light et dévorent leur gratin de pommes de terre bio, serait parfaitement légitime puisque cela a servi à « cuisiner « l’assistant du grand malfaisant à barbe et à le géo-localiser au Pakistan dans son supposé terrier blanc. Info ou Intox ? « Ceux qui ne sont pas avec les américains, sont contre eux », nous a-t-on assené au moment de la Guerre du Golfe.
Or, assimiler une majorité de citoyens manipulés par des stratégies géo-politiques de contrôle des ressources planétaires, à la totalité des américains qui essaient de préserver leur pouvoir d’achat et de se soigner correctement quelles qu’en soient les conséquences dans les pays sous tutelle, c’est mentir. « A la guerre comme à la guerre », nous assènera-t-on bientôt. « Nous oeuvrons pour votre sécurité… » « Qui veut la paix prépare la guerre », a-t-on entendu pendant l’enfance, et curieusement seulement du côté de porteurs d’armes adoubés par le système de paranoïa bien huilé. Ma mère qui a eu des « mitraillettes dans les côtelettes » à côté d’un gamin de 12 ans, pour avoir été sommée de donner des renseignements qu’elle n’avait pas ou ne voulait pas donner à l’ennemi du moment, m’a inculqué la haine du fusil . Je ne me réjouirai jamais avec ou sans les autres humains de ce goût du désastre et de la bouillie humaine quel que soit son camp d’émergence. Et j’exècre le mensonge et la dissimulation qui ne font qu’attiser le fanatisme et la vengeance.
Ce n’est pas parce que mon oncle évadé du STO déporté à Dachau a été exterminé que j’en veux à l’Allemagne entière. Les types qui ont fait ça étaient des criminels fabriqués par un système de paranoïa où nous retombons chaque fois que nous géo-localisons le mal et le personnalisons à outrance. Et je n’aime pas lorsqu’on me dit qu’il est mort pour la France. Trois guerres fratricides plus le démantèlement de Balkans c’est pas suffisant ? Je n’aime pas ce qui se passe en France aujourd’hui à propos de l’islam, de l’identité nationale et de tous les amalgames, car je crains un retour du refoulé aussi aveugle et idiot que toutes les guerres de religions passées. Etre laïque c’est ne pas vouloir qu’on m’impose un Dieu imaginaire qui n’a fait que des dégâts et des privilèges exorbitants dans des communautés clivantes qui cherchent à sauver leur peau , par leur domination morale et économique .
Un criminel est un criminel. Et un état ou un individu qui impose la peine de mort est un criminel. Aucun crime n’est souhaitable. La loi du Talion, ça suffit !
Ma belle-sœur est franco-italienne, mon neveu franco-algérien, ma fille parle plusieurs langues et ne pourra bientôt plus voyager à l’étranger parce qu’on va lui dire que c’est imprudent… C’est quoi cette planète de prédateurs et d’égoïstes ! Le terrorisme commence dès que j’ai peur des réactions de mes voisins dans une file d’attente de supermarché en temps de paix. Je refuse d’avoir peur avant l’heure. Et si j’ai à choisir un camp, cela ne sera pas celui de la bêtise généralisée.